0Les Simpsons
Babyson
&
Sofia
Les Simpsons
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Quel est le point commun entre GRS, Breakdance & Confessions Tour avec Madonna ?
Le point commun... la motivation, la persévérance, la passion, le travail
Pour les néophytes, peut-on classer ton style ?
Abstrait je pense, je n'aime pas les choses trop structurées. C'est un mélange de tout ce que j'ai appris, de la GRD, du break, du Hop-hop, de tout ce que je ressent tous les jours. Mais avant d'avoir développé un style abstrait, je me suis nourrie de bases solides avec une énorme importance pour la technique. J'ai d'abord appris la GRS et j'en ai gardé la souplesse que j'ai mêlée au Break. Mais avant cela je suis passée par les bases du classiques et les bas du hip-hop. Aujourd'hui, je suis capable de danser le hip-hop comme tout le monde mais j'ai une soif d'apporter une identité à ce que je fais, je ne veux pas être conforme à une règle. Respecter la danse et ses bases et y apporter immédiatement ce que je ressens, c'est ce qu'on appelle le Freestyle. On a tous besoin de l'exprimer d'une manière ou d'une autre.
Aujourd'hui, ta force est d'avoir des bases sportives et multiculturelles, et tu accomplis des figures que peu de filles réalisent.
Il y a des filles qui le font mais elles sont moins médiatisées. Normalement, je suis une fille underground... je me suis juste trouvée au bon moment au bon endroit. Mais j'aime l'esprit underground parce que tu n'es pas là pour être sous les projecteurs mais pour faire l'art et attirer les gens qui ont vraiment encvie de connaître cet art. Il y a des gens très forts, et même plus forts que moi mais qui ne sont pas mis en lumière... et il y en a beaucoup. Ceux qui sont passionnés ou qui ont envie d'en savoir plus réussiront à trouver ces personnes talentueuses. Moi je suis juste un peu plus sous les projecteurs. Je suis bosseuse, battante, et persévérante et j'ai donc réussi à atteindre un certain niveau. Aujourd'hui je travaille beaucoup et j'ai moins de temps pour m'entraîner avec tout le monde underground mais je sais que j'y retournerai dès que possible et avec plaisir.
Comment s'est faite la rencontre entre la Bgirl du quartier des Halles et Nike ?
J'ai tout simplement fait une audition à Paris et c'est Jamie King qui m'a prise pour faire ce boulot. Il a vraiment insisté pour que je sois retenue. Je ne rentrais pas dans le moule. A part mon groupe underground qui s'apelle Vagabond Crew, on ne m'a jamais prise ici. J'ai bossé une fois avec Kamel Ouali sur Mariah Carey. Mais je refusais beaucoup de choses parce qu'on me demandait de danser en soutof et en short et ce n'est pas comme ça que je perçois ma danse.
Te souviens-tu des shoes que tu portais lors de cette audition (sans tricher) ?
Je portais des Nike old school vertes et blanches, un modème bas qui ressemblait à des Dunk. Ils 'lavaient sorti aussi en bleu et rouge. C'est vraiment ce que je portais avec une chemise verte qui s'accordait à une casquette. Ce n'est pas parce que je suis chez Nike. Si j'avais porté une autre marque je l'aurais dit car je kiffe les pompes et je n'ai pas peur de dire ce que j'aime.
Avec toi, c'est la première fois qu'une danseuse du Hip-hop est considérée comme une vraie athlète. Est-ce important que la danse soit enfin considérée comme un sport ?
La danse n'est pas un sport c'est un Art ! Nike aime dire que la danse est un sport pour mettre l'accent sur le point commun entre la marque de sport & la danse. Evidemment la danse est physiqye, ils n'aillaient pas choisir la peinture non plus. Mais la danse est avant tout un art et je leur répète tout le temps que c'est un moyen d'expression, pas un sport.
Pourtant dans la pub Nike, tu dis "faut pas me dire que je ne suis pas athlète".
C'est comme si je disais "faut pas me dire que je ne suis pas essoufflée quand je sais une choré et que je ne vais pas jusqu'au bout"...
Nike a considéré 5 films sur ta vie: Los Angeles, Paris, ta famille, ton parcours ... Quel regard as-tu sur ces images ?
Je me dit qu'il faut que je travaille davantage et que j'évolue dans mon art.
Comment réagis-tu si on te dit que tu as énormément de chance pour arriver là ?
J'ai aussi pas mal galéré et je n'autoriserai personne à me dire "tu as eu de la chance", ou alors, je lui demanderai de vivre d'abord ce que j'ai vécu avant. Nous sommes tous différents et je ne dis pas que j'étais supposée avoir cette notoriété mais les gens vont bien vite à dire certaines choses et j'ai parfois envie de leur mettre mon pong dans la g....., je n'ai pas de patience avec ça. Il faut savoir regarder les choses comme elles sont pour les apprécier. En tout cas, j'essayer d'apporter quelque chose de sain et d'engagé.
As-tu vu le livre de la photographe Martha Cooper uniquement consacré aux Bgirls ? Qu'en penses-tu ?
Oui, je devais être dedans mais impossible de trouver une minute pour travailler avec elle, j'étais avec Nike. Dis-lui que j'ai envie de le refaire ! J'aurais beaucoup aimé être dans son livre.
Tu vis désormais à LA pour le boulot. La France te manque-t-elle et as-tu gardé tes amirs du quartier des Halles à Paris ?
C'est important pour moi, je garderai toujours le contact avec eux. J'ai toujours dit que ma passion et mes parents repésentaient chacun 50% de mon éducation, c'est grâce à eux que je suis arrivée là aujourdh'ui... et à la GRS aussi ! La France me manque et plus je suis hors de Paris, plus j'aime Paris, même si les Français sont trop agressifs. Les Américains sont cools jusqu'à en etre agaçants parfois, mais au point de vue artistique, ils comprennent les choses différemment.
Plus personne ne danse au quartir des Halles.
Il est interdit d'y aller depuis quelques temps. En fait, c'est depuis qu'un clochard est mort en tombant du haut des escaliers soit disant parce qu'il s'est penché pour nous regarder. On devrait laisser les gens s'exprimer. Les danseurs d'Aktuel Force étaient là-bas depuis 1980. Même les keufs nous regardaient, on ne faisait rien de mal, seulement créer, et dans des espaces comme ça, c'est énorme. A partir de 20h, ile se passe plus rien, c'est pour ça qu'en France, artistiquement, je les trouve bornés, c'est frustrant.
Un espace de ce type était prévu au shop Citadium.
Mais ce ne sera jamais pareim ! Il faut laisser les danseurs aller là où ils veulent, ils n'iront pas s'entraîner dans un magasin.
Si les Halles étaient un modèle de basket tu dirais quoi ?
Ce serait les Cortez, les bonnes classiques en nylon ou les vieilles Clyde.
Et pour LA tu dirais quoi ?
Vans
Qu'est-ce tu penses des modèles de shoes proposées pour les filles comparés à ceux des garçons ?
Ecoute mon copain me dit souvent "t'as des purs modèles pour toi !" et moi je lui réponds "t'es fou, c'est toi qui a les purs modèles !" .. Je n'aime que les modèles old school. Je trouve que les nouveaux modèles sont trop futuristes, comme si on allait sur la lune, je ne les trouve pas raffinés même s'ils sont fins, je ne les trouve pas du tout féminins. J'ai envie d'avoir une paire forte, avec la grosse languette et plein de couleurs, avec plus d'identité !
Quels étaient les jouets de ton enfance ?
Je jouais tout le temps avec mon vélo ou mes voitures. Il y avait aussi mon élastique, on l'achetait au marché et l'odeur de l'élastique me rappelle trop quand j'étais petite. En Algérie, on jouait aussi souvent à la marelle avec les petites boîtes rondes de tabac. On mettait de la terre dedans pour qu'elles soient lourdes. Elles avaient aussi une odeur particulière. Autrement, on jouait avec des tuyaux, on les coupait et on les fermait en rond puis on prenait un fil de fer et on faisait un crochet qu'on maintenait à un bâton et on courrait avec... et le tuyau roulait. Ou bien encore, on faisait des ballons avec du papier et du scotch... Nous n'avions pas de jouets supersoniques.
Tu viens de finir "The Confessions Tour" avec Madonna, en ressors-tu différente ?
Je ne suis pas différente, c'est juste que cette expérience m'a appris énormément en peu de temps. Tout ce qu'on a fait en 8 mois m'a donné l'impression d'avoir vécu 3 ans. C'est comme de tirer sur élastique, tu le tires jusqu'au bout et après t'as l'impression de faire un gran bond en avant. Quand tu es limitée auservice d'une personne, tu sais ce que tu as envie de faire après, tu sais si tu veux créer et garder un minimum de respect pour ton identité.
Tu as le droit de dire ce que porte Madonna comme shoes ?
Elle porte des talons, elle répète tout le temps en talons, sinon elle met des petites baskets ou des bottes montantes quelques fois.
As-tu un modèle aujourd'hui en danse, un danseur que tu admires plus particulièrement.
Karim Barouche, c'est un des danseurs d'Aktuel Force, un des premiers à Paris. Au début, il était à Châtelet, c'est un danseur underground. Ils se sont battus pour que cette place-là soit disponible. C'est un exemple pour moi, c'est lui qui m'a dit de plus m'entraîner dans les petits couloirs mais d'aller là où tout le monde va, il m'a poussée. J'étais très timide ou plutôt silencieuse à l'époque et il m'a vachement aidée, c'est un véritable artiste... ils me manquent tous.
Aujourd'hui tu es devenus une véritable égérie pour Nike, n'as-tu pas peur que le business prenne le pas sur l'artistique ?
Je n'ai jamais fait ça pour être dans le business, je j'ai pas envie que ça me prenne, je crois que je suis assez forte d'esprit et que je sais mesurer ça. Ce n'est pas mon but le business, je n'ai jamais accepté de danser pour Nike ou pour Madonna pour ça. Si tout s'arrêtait demain pour moi, je serais bien, je sais que je pourrais m'entraîner et faire les choses qui me manquent. Mon but n'est pas d'être une super star parce que ça c'est de la merde. J'ai envie de continuer à faire ce que j'aime, à apprendre, même en comédie. Les films dans lesquels je rêve de jouer sont des films indépendants avec des réalisateurs qui n'ont pas de thunes, des films qui ont une âme.
Quels sont tes projets à venir, le cinéma te fait-il des appels du pied ?
Je prends des cours de comédie depuis que j'ai 18 ans. Maintenant je suis dans une école à Los Angeles où j'apprend la méthode de Stella Adler. C'est une méthode différente de l'Actors Studio qui est basée sur notre self expérience, c'est très personnel. Stella Adler, elle, est totalement concentrée sur l'imagination. Je pense qu'il faut un peu des deux pour y arriver. J'ai joué dans le film de Blanca Li "le défi", une comédie musicale qui m'a donné l'amour de la caméra. J'ai ressentis face à la caméra ce que je ressens en dansant. J'ai besoin de m'épanouir dans un autre art pour revenir meilleure à chaque fois. Je ne peux pas me contenter de faire une seule chose maisl c'est peut-être un défaut... La peinture me sert d'exil de temps en temps, le cinéma représente une nouvelle chose pour laquelle j'éprouve de la passion donc j'apprends mais ce que je n'arrêterai jamais tout au long de ma vie, c'est danser.
Quels sont tes projets à venir ?
Je ne sais pas, mon credo c'est "carpe diem", je n'aime pas trop programmer, calculer... J'aime quand ça me parle et on verra de quoi demain sera fait. Je suis persuadée que l'on a tous un bon destin à vivre, à condition de faire les bons choix et si je fais les choses avec mon coeur, je ne vous pas pourquoi elles seraient contre moi.
>>> Propos recueillis par Olivia Peyronnet pour Shoes-Up
> et merci a Joanne (www.sofiabreak.net) d'avoir tout recopié ;)
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